Retour à la liste Signaler une erreur PERSONNE Nom de famille Bordon, Bourdon Prénom Genre Masculin Surnom Profession Naissance Décès Origine Conjoint(e) Parents Enfants Relation frere Julian beau-frere: Francois Chappuis, medecin Résidence ANNOTATIONS ------- general bio ------ >Galiffe, II, 69: Jean Bordon (soit Bourdon), mort avant le 10 mai 1541, BG 1512, "riche et marchand drapier," conseiller 1526, 1531-33, Ep. Jaquema, soeur du premier syndic Claude Savoye (q.v.). Il était père de François, CC 1544, encore vivant en 1557, et prob. conseigneur de Compeys; et de Julien (p.70), Sgr. de Compeys, CC 1541, fit en 1582 une donation de biens à Michel Varro, syndic, mort le 25 avril 1587 à 76 ans, en la rue du Boule. Il épousa Péronette, ffeu No. Fr.-Pht. Donzel. --Chazalon lists him as member of CC for Rivière dessus in 1543-44 ("Classeur Final 2006-9-19"). --Still member of CC for Rivière dessus 1545 (R.C. 41). A François Bordon was a member of the CC from the Rue des Allemands in 1558-62 (R.C. 54-57), but it seems likely he's somebody different. ---------- 1544 -------- ~~~ MENTIONNÉ >R.Consist. I, p. 321, f. 165-168 (21 feb 44): In marriage case of Jaques Reclan (d. Claret) and Catherin Vijean (Koln), Reclan says that he went cheu Francois Bordon per aver argent. -- NOTE (98): François Bordon, citoyen, des CC en 1544 et probablement conseigneur de Compeys avec son frère Julian Bordon, encore vivant en 1557 (Galiffe II, p. 69). ~~~FALSE WITNESS?? >R.Consist. I, p. 386, f. 207 (3 jul 44): Claude Veneri, procureur, complains that "ung de la banche avoyt dementé contre luy parolles a cause de Francois Bordon". ------- 1545 ------- >RC 40, f. 16 (12 février 1545): CC en la Rivière dessus ~~~PALLIARDISE with JEANNE DE LA JOUZ, had a BASTARD child and then BAPTIZED IT A LA PAPISTERIE >RC 40, f. 110v (Mardi 12 mai 1545): François Bordon et Janne, fille de Jean de La Jouz d'Hermence sa servante. Lequel a palliardé avec ladite Janne sa servante et a eu un enfant qui a été baptisé à la papisterie. Il soit pris prisonnier et le faire repondre. -->RC 40, f. 117 (Lundi 18 mai 1545): François Bordon. Lieutenant remet ses reponces. Ordonné de l'aller faire repondre encore. -->RC 40, f. 123v (21 mai 1545): François Bordon. A commis palliardise et ne veut pas confesser. Ordonné qui reste prisonnier jusqu'à ce qu'il confesse la verité. -->RC 40, f. 127 (25 mai 1545): François Bordon. Detenu pour avoir fait baptisé son fils illégitime à la papisterie. Ne veut pas confesser. Ordonné de le tenir en prison jusqu'à ce qu'il confesse. -->RC 40, f. 128 (Mardi 26 mai 1545): François Bordon. L'on est prêt à examiner les témoins qu'il veut produire. La palliarde est libérée des prison et crie merci à Dieu et à la Justice. -->RC 40, f. 133c v (Lundi 4 juin 1545): François Bordon. A fait baptiser un enfant illégitime à la papisterie à Revilliod sous Cornillion. Il peut être libéré criant merci à Dieu et à la Justice et condamné à payer une amende de 6 écus soleil + tous dépens. ---- 1547 ------ ~~~ RE SERVITEUR: suspected of PAILLARDISE >R.Consist. 3, p. 134-135, f. 96 (16 jun 47): Michel serviteur de Fran. Bordon suspected of bad behavior with Sorlin's wife (#3634), but she says he's a cousin. See under Michel X (#3636) ~~~~PAILLARDISE with JEANNE DE LA JOUZ (again) >R.Consist. 3, p. 201, f. 140 (15 sept 1547): Jehanne [de La Jouz, #4239] d'Hermance for paillardise. -- NOTE (1188): Il s'agit de Jeanne de La Jouz, du village d'Hermance (GE). On apprit la semaine suivante que Jeanne, servante d'Henri Aubert, avait eu un enfant illégitime avec François Bordon [ci-dessous, p.* 144 (22 septembre 1547)]. Or, en 1545, Bordon avait eu un enfant avec sa servante, Jeanne, fille de Jean de La Jouz, d'Hermance. Voir R.Consist. II, «Regeste», p. 20-22 (12 mai - 4 juin 1545)]. -- NOTE (1191): Le 10 décembre 1545, Antoine Pied-de-Bois, veuve de Châtelain, couturier, dénonça Jeanne, servante de Jean Bron, pour soupçon de paillardise avec Claude Voland, gendre d'Antoine Pied-de-Bois (R.Consist. II, p. 91-92). Il est aussi possible qu'il s'agisse de quelqu'un d'autre et que Pied-de-Bois avait fait la dénonciation à propos de l'enfant que Jeanne de La Jouz avait eu avec François Bordon (voir la note ci-devant). -->R.Consist. 3, p. 203-204, f. 144 (22 sept 1547): Le Seigneur Anri Aubert deposes that he (or his wife?) already had suspicions about Jeanne because she had had a child with Fran. Bordon (#622) and they were caught " led. les chauses avallés et elle descouvertes" and the mother-in--law or servante of Pierre Mestrezat (#822) saw them on the stairs groping each other. Lad. servante nommé Jehanne, demourant chez Jaques Chenevas (#2178). Admits to wanting his (serviteur) company, but didn't have it. Since it is otherwise proven, sent before Messieurs. -- NOTE (1214): François Bordon, citoyen de Genève, membre des Deux Cents dès 1544. Bordon fut conseigneur de Compeys avec son frère Julien. Il vivait encore en 1557 (Galiffe II, p. 69). Quant à l'enfant illégitime qu'il eut avec Jeanne de La Jouz, voir R.Consist. II, «Regeste», p. 20-22 (12 mai - 4 juin 1545). ~~~ PAILLARDISE - ROBELLE DE GEX >R.Consist. 3, p. 245, f. 182 (1 dec 1547): Jullian Bordon (#624) accused of sex with une fille qu'est de Bemont et est grosse. Confesse en avoir eu la compagnie, et fut en fenant ung pré. Also accused of sex with the wife of Jean de Gex [Robelle Reclan, #623], but actually it's his brother Francois (#622) who is guilty. -- NOTE (1447): On confond Julian Bordon avec son frère François qui fut convaincu de paillardise avec Robelle, femme de Jean Reclan, dit Jean de Gex [voir ci-dessous, p. 198 (12 janvier 1548)]. -- NOTE (1448): Le 5 décembre, Julien Bordon fut condamné à la prison «jouxte les esditz» [R.C. 42, f. 359v (5 décembre 1547)]. -------- 1548 ---------- ~~~ PAILLARDISE - ROBELLE DE GEX -->R.Consist. 3, p. 270, f. 198 (12 février 1548): Robelle, femme de Jehan de Gex, remonstrated for having received communion even though she was prohibited because she comes to sermons only at the end. Admits it. Asked whether she's been married long enough to be pregnant. Says she's only two months pregnant. Consist. says it looks more like six months and fear that the child is by Françoys Bordon. -- NOTE (22): Robelle, femme de Jean de Gex, dit Reclans, bourgeois de Genève, boucher habitant sur le Pont du Rhône [R.Consist. 4, f. 2, 4v (convocations pour le 23 février et le premier mars 1548)]. -- NOTE (23): Devant le Consistoire le 1er mars 1548, Bordon et Robelle de Gex avouèrent avoir forniqué ensemble et Robelle précisa qu'elle avait accouché d'un enfant seulement un mois auparavant. Ils furent condamnés à la prison le 5 mars 1548 et libérés une semaine plus tard en criant merci à Dieu et à la Justice. En outre, Bordon dut payer une amende de cinq florins pour lui et cinq autres pour Robelle [R.Consist. 4, f. 5v (1 mars 1548); R.C. 43, f. 33, 39 (5 et 12 mars 1548)]. -->R.Consist. 4, p. 4, f. 2 (23 feb 1548): list of convoquees for 23 Feb: François Bourdon; la Robelle, femme de Jean Reclan bouchier et bourgois de Geneve. -->R.Consist. 4, p. 5, f. 3v (23 feb 1548): François Bordon... pas comparus, ... Ny aussi sa paillarde , mais à jeudi. -->R.Consist. 4, p. 8, f. 4v (1 mars 1548): list of those convoked for 1 mars: François Bourdon et sa paillarde nommé Robelle, femme de Jean Reclan, bouchier demorant sur le Pont du Rosne. -->R.Consist. 4, p. 9, f. 5v (1 mars 1548): François Bordon, citoien de Geneve, and la Robelle, femme de Jean de Gex alias Reclan, bouchier demorant sur le Pont. Bordon confesses having sex with a girl, now wife of Jehan Reclan, bouchier, demourant sur le Pont. Sent before Mess. Robelle admits that she gave birth to a girl about a month ago and the baby belonged to Bordon. Sent before Mess. -- NOTE (42): François Bordon, coseigneur de Compois (GE) avec son frère Julien, fut des Deux Cents en 1544 et vivait encore en 1557 (GALIFFE II, p. 69). En 1545, Bordon avait conçu un enfant illégitime avec sa servante Jeanne de La Jouz [R.Consist. II, Regeste, p. 20–22 (12 mai–4 juin 1545) ; R.Consist. III, p. 203–204 (22 septembre 1547)]. Le premier décembre 1547, Julien Bordon, frère de François, fut appelé devant le Consistoire pour soupçon de paillardise avec une fi lle de Bemont, ce que Julien avoua. On le soupçonna également d’avoir forniqué avec son ex-servante Robelle, devenue entre-temps femme du boucher Jean de Gex, dit Reclan [R.Consist. III, p. 245 (1 décembre 1547)]. En réalité le Consistoire se trompa, confondant Julien et son frère François. Robelle était en effet enceinte de ce dernier [R.Consist. III, p. 270 (19 janvier 1548)]. -- NOTE (44): Le 5 mars 1548, François et Robelle furent condamnés à la prison pour paillardise. Ils furent libérés une semaine plus tard. Bordon fut condamné à une amende de dix florins, cinq pour lui et cinq pour Robelle [R.C. 43, f. 33 et 39 (5 et 12 mars 1548)]. ~~~VIOL; Fr. Bordon accused of RAPE - Jeannette Domenge, soeur de Georges Domenge. >R.Consist. 4, p. 134, f. 59 (13 septembre 1548): Francois Bordon (#622)... de certaine infame paillardize qu’il a comise... ne fait que paillarder et combien que par plusieurs foys aye esté admonesté, touteffois perseverant en son iniquité ne c’est nullement amendé. -- NOTE (695): François Bordon, coseigneur de Compois avec son frère Julien, venait d'être emprisonné pour avoir violé une fille à Compois. Le 7 août 1548, on accusa Bordon d'avoir « pryns par force » une certaine Jeannette, sœur de George Domenge. Le Conseil chargea le Procureur général et le Lieutenant d'aller à Compois mener une enquête sur l'affaire. Dans leur rapport, ils prouvèrent avec évidence la culpabilité de Bordon. George Domenge fut libéré le 14 août. Dans les jours suivants, des parents et amis de Bordon plaidèrent pour sa libération. Entre-temps, le Conseil intenta un procès contre Bordon et, le 7 septembre, décréta que Bordon « soyt chastié joux les esdictz et que icyeulx esdictz soyent visités pource que plussieurs foys a esté reprys par paillardisse, le condampnant aussy à tous despens et que ladite filie soyt libéré des prisons en criant mercy à Dieu et à la Justice ». Bordon fut enfin libéré de prison le 13 septembre après avoir crié merci à Dieu et à la Justice et sur paiement d'une amende de 15 florins [R.C. 43, f. 156v, 157, 161v, 163v, 166, 172, 175v, 181v, 182v, 187, 190v, 192v (7, 8, 13, 14, 16, 23, 27, 30, 31 août ; 7, 11, 13 septembre 1548)]. ---------- 1549 -------- ~~~DIVINATION, CHARME, REMÈDE; livre d'enchantement >RC 44, f. 78v (25 avril 1549): Jehan Françoys Chappuys, le Sieur Françoys Bordon. L'on a rappourté que entre eulx c'est trové ung livre d'enchantement lequelt a esté remys aut Procureur General Wandel pour fere respondre ledit Chappuys et Bordon voyeant que cella est contre Dieu. -- NOTE: Nous ne trouvons aucune autre référence à un Jean-François Chappuis vivant à Genève à l’époque. Or, le médecin François Chappuis avait épousé Jeanne Bordon, sœur de François Bordon, avant novembre 1546. Chappuis s’était apparemment remarié en 1547 [SGG, notice « Jeanne Bordon » ; GALIFFE II, p. 69; R.Consist. II, p. 324 (11 novembre 1546) ; R.Consist. III, p. 173 (18 août 1547)]. Nous pensons, donc, qu’il s’agit simplement d’une erreur du scribe. Sur François Chappuis, voir R.Consist. I, p. 344, n. 201 ; sur François Bordon, voir R.Consist. I, p. 321, n. 98. ------------ 1550 -------------- ~~~MENTIONNÉ >R.Consist. 5, p. 272, f. 90 (18 décembre 1550): Dedier Franc Cueur, cordannier, et Dedier Marguenne(1854), offevre, tesmoings contre German Filz(1855). Inquis de dire la verité sus certains blaspheme propheré par Germains Filz, cousturier, le cordannier depose que luy, se adressant contre Mermet charrestier(1856), blasphemoyt le nom de Dieu. En luy faisant les remontrances, le vollu fraper et que led. Filz en prins la querelle, disant qu’en ceste ville l’on croyroit plustotz ung renyent(1857) de Dieu ; que tant qu’i estoent de Françoys, qu’i se fieroit plustot en ung renyant Dieu qu’en eulx. Et qu’i est de maulvayse complection et incorrigible. Mesme la femme dud. ne vatz nullement aux sermons. L’offeivre depose davantage que le bruyt est que la servante borge(1858) de chez Bienvenu(1859) est grosse et que lade est desja anoncee une fois. Item depose que luy estant en prison ouy dire à noble Françoys Bordon qui avant que se marié, il prendoit avant sept bastard(1860). Allors luy fut remonstré, persuadat toujours comme incorrigible. --NOTE (1860): En effet, François Bordon, coseigneur de Compois, avait eu un enfant illégitime en 1545. En 1547, il avait eu des rapports sexuels avec la même fille et avec une nouvelle conquête. En 1548, il fut emprisonné pour avoir violé une fille à Compois. En 1552, il fut emprisonné encore une fois pour paillardise [R.Consist. II, Regeste, pp. 20–22 ; R.Consist. III, pp. 201, 203–04, 245, 270 (15, 22 septembre, 1 décembre 1547, 12 février 1548) ; R.Consist. IV, pp. 9, 134 (1 mars, 13 septembre 1548) et notes ; R.Consist. 7, p. 59 (21 juillet 1552) ; R.C. 46, f. 250v (4 août 1552)]. ---------- 1551 ------------- ~~~TÉMOIGNAGES RE Clauda Cuvillie; paroles infames >R.Consist. 6, p. 10, f. 3v (19 février 1551): Françoys Bordon says that there was a girl in Eveschee a l'instance de Petre Girodi and she said that Girodi faisoit nurri une fille qu'i avoit au lieux du Vuache et ne sçayt la mere. Bordon also said par jeu qui avant qu'estre marié il volloit avoir trois ou quattres bastars. Et ne l'entent faire et n'y a le cueurs. TEXT: Françoys Bordon. Auquel futz inquis de se qu’i sçayt d’une fille que estoit en l’Eveschee(54) à l’instance de Petre Girodi. Lade fille disoit que led. Girodi faisoit nurrir une fille qu’i avoit au lieux du Vuache et ne sçayt la mere(55). Item remonstré qui quant il estoit en l’Esvechee, il est venu à notisse que y a user et proferés villannes parrolles. Respond qu’i n’y a personne que le veulle maintenir. Confesse avoir dit par jeu qui avant qu’estre marié il volloit avoir trois ou quattres bastars. Et ne l’entent faire et n’y a le cueurs. Advis: que d’ici à jeudi l’en se informera plus fort et luy doibt faire Jehanton Jeno, et retorné ici. Aussi Petre Girodi pour lade proposite(56). --NOTE (54): L’ancien palais épiscopal près de la cathédrale devint, le 23 novembre 1535, la prison de Genève. Pour une description détaillée avec des plans, voir Lullin, «Évêché». --NOTE (55): L’on se réfère ici à une cause dont le Consistoire s’était occupé plusieurs mois auparavant. Clauda Cuville, dite la Bongenette avait été accusée d’avoir eu un enfant illégitime de Peter Girod et de l’avoir laissé en nourrice dans le village du Vuache chez Claude Lengard. Girod se présenta devant le Consistoire la semaine suivante; ci-dessous, p. 14 (26 février 1551). --NOTE (56): François Bordon, citoyen de Genève, membre des Deux Cents dès 1544. Il fut coseigneur de Compeys (GE) avec son frère Julien (Galiffe II, p. 45). Au cours des années précédentes, il s’était fait remarquer pour son comportement luxurieux. Il avait été emprisonné une fois pour avoir conçu un enfant illégitime et puis pour viol [R.Consist. III, p. 270 (19 janvier 1548) et R.Consist. IV, p. 9, n. 42 (1 mars 1548) pour la cause d’enfant illégitime; R.Consist. IV, f. 59 (13 septembre 1548) pour la cause de viol]. Plus récemment, il avait été accusé de posséder un livre d’enchantement [R.C. 44, f. 78v (25 avril 1549)]. Nous ignorons à quel séjour dans l’Évêché, la prison de Genève, l’on se réfère ici. En 1552, il fut de nouveau accusé et condamné pour avoir eu un autre enfant illégitime [R.Consist. 7, p*. 59 (21 juillet 1552)]. -->R.Consist. 6, p. 14, f. 5 (26 février 1551): Petre Girodi. asked about enfant qui faict nourri au Vuache et l'a eu d'une femme de ceste ville. Le nye par esprex. Françoys Bordon says that a girl in Evechée said that Girodi tenoyt une fille au Vuache à norisse qu'estoit à une qu'elle cognoissoit bien. -- Françoyse, femme de Nycollas Chevrient de Veygié heard from l'Antoyne [Magnin], demourant chez la Vielle Soultiere, que led. Girodi faisoyt nurri une fille au lieux du Vuache... [et] s'estoyt de la Bongenette. TEXT: Petre Girodi. Inquis de dire verité s’il n’a pas eu ung enfant qu’i faict nourrir au Vuache et l’a eu d’une femme de ceste ville. Le nye par esprex. Luy a esté presenté en presence par Françoys Bordon, lequel luy esté maintenu, luy estant en l’Eveschee, y estoit une fille à l’istance dud. Girodi [que] disoit que led. Girodi tenoyt une fille au Vuache à norisse, qu’estoit à une qu’elle cognoissoit bien(74). Françoyse, femme de Nycollas Chevrient de Veygié (75). A deposé qu’elle a eu entendu et ouy dire à l’Antoyne(76), demourant chez la Vielle Soultiere, que led. Girodi faisoyt nurrir une fille au lieux du Vuache, à La Fontanne(77). Et dit qu’elle disoit que s’estoyt de la Bongenette. --NOTE (74): Peter Girod était soupçonné d’avoir conçu un enfant illégitime avec Clauda, femme d’Andrian Cuville, dite la Bongenette. En 1550, elle avait accouché d’une fille à Vulbens (H.-S.) et puis avait laissé l’enfant chez une nourrice au Vuache, du nom de Clauda Lengard [voir R.Consist. V, p. 160, n. 1103 (30 juillet 1550) et passim; voir aussi ci-dessus le témoignage de François Bordon, p. 10 (19 février 1551)]. Le Consistoire discuta de nouveau de cette affaire en 1558, quand Clauda Cuville fut à nouveau accusée de paillardise. À ce moment-là, elle confessa avoir eu un enfant au Vuache et l’avoir baptisé «riere la papaulté il y a jà unze ans, elle estant mariee, comme elle est, mais son mary s’en estoyt jà allé et estoyt absent, comme il est de present». Elle identifia le père de l’enfant comme étant Pierre Gallatin, alors récemment décédé, et confessa avoir précédemment menti en accusant Peter Girod «pource que led. Gallatin la menaçoyt de n’en dire rien». Le Conseil l’emprisonna et, trois jours plus tard, la bannit [R.Consist. 12, f. 140, 147–147v, 152 (6, 20, 27 janvier 1558); R.Consist. 14, f. 117v (20 décembre 1558); R.C. 54, f. 350, 352 (26, 29 décembre 1558)]. Ayant été bannie de la ville, Clauda Cuville se réfugia donc au Grand-Saconnex et, en 1562, elle présenta aux autorités une requête demandant l’autorisation de rentrer à Genève sans être arrêtée. Jean Dehenault, ministre du Grand-Saconnex (alors sous juridiction bernoise), témoigna alors en sa faveur et le Consistoire recommanda au Conseil de la réadmettre en ville [R.Consist. 19, f. 186v (3 décembre 1562)]. --NOTE (75): Ce témoignage fait référence à l’affaire contre Peter Girod. Le mari de Françoise, Nicolas Chevrens (Chevrient), reçut le permis d’habitation en 1558 [L.H. I, p. 127 (13 juin 1558)]. --NOTE (76): Voir le témoignage de la servante Antoina Magnin du Vuache; ci-dessous, p. 21 (5 mars 1551). --NOTE (77): Peut-être le hameau de La Fontaine (commune de Vulbens, H.-S.) près de Dingy-en-Vuache. -------- 1552 ------------ ~~~PAILLARDISE (OU SOUPÇON DE) ~~~ENFANT ILLÉGITIME >R.Consist. 7, p.115, p*59 (21 juillet 1552): Françoys Bordon. Auquel ont esté faicte remonstrance qui est venu à notisse qui a eu pallardé de nouveaux denpuys qui a eu esté en Consistoire. Dictz qui peut bien estre et c’est par cas fortuyt. Advis: que y soit ranvoyé par devant Messieurs et que c’est tropt. A nommé lade fille. Dictz que [est] une servante nommé Jehanne et luy a eu donné ung enfant que a esté batizer à Sainct-Sergoz(764). A dit qui ne peut comparoistre pour lundi, priant estre ung austre jour. Remis à jeudi(765). --- NOTE765): François Bordon, citoyen de Genève, membre des Deux Cents dès 1544. Il fut coseigneur de Compeys (Genève) avec son frère Julien Bordon. Au cours des années précédentes, il s’était fait remarquer pour son comportement obscène. Il avait été emprisonné une fois pour avoir conçu un enfant illégitime et pour viol [R.Consist. III, p. 270 (19 janvier 1548) et R.Consist. IV, p. 9 (1er mars 1548) pour l’affaire d’enfant illégitime; R.Consist. IV, p. 134 (13 septembre 1548) pour l’affaire de viol]. Plus récemment, il avait été accusé de posséder un livre de magie [R.C. 44, f. 78v / im. 84 (25 avril 1549)]. Début août 1552, accusé une nouvelle fois d’avoir eu un enfant illégitime, François Bordon reconnut les faits et fut emprisonné et condamné à payer une amende [R.C. 46, f. 250v / im. 256 (4 août 1552)]. --->RC 46, f. 250v (4 aout 1552): Ayant entendu la requeste faicte par led. Francois tendant aux fins de le libere des prison actendu qui a faict son terme, et qui ne doibt payer que ung bamps veu qui n'est pas marie, et que la garse n'est pas detenue. Arreste qui soit libere luy faisant les remonstrances accoustumes et qui doibge payer ung bamps. --------- 1560 ------- Jean-Baptiste Morély, seigneur de Villiers ; François Bordon >Jur. Pen. A2, f. 86v (11 avril 1560): Jean de Saint-Martin, dit Sieur de Lemeri[ ?]. Detenu aux arrestz jusques à ce qu’il fut verifié ou bien aprouvé par François ordon les propos par luy raportés à M. de Besze. Et attendu que ledit Bordon a aprouvés lesdit propos, a esté arresté qu’il doibge estre liberé attendu qu’il en est dechargé. Et quant aux despens qu’on y advisera. Noble Jehan Morelli, François Bordon. Et en oultre a esté arresté de communiquer aux seigneurs ministres, notamment à Monsieur Calvin, les responces desdits Bordon et Monsieur de Villiers, nommé noble Jehan Morelli, attendu qu’il pretendent estre chargés par lesdits propos. >Jur. Pen. A2, f. 87 (12 avril 1560) : Noble Jehan Morelli, François Bordon. L’on a raporté comme suivant l’arrest d’hier l’on a communiqué les responces desdits detenus à Monsieur Calvin pour les communiquer aux ministres, si besoing estoit. Lequel, les ayant gardees jusques au soir, les a rendus et a prié qu’ilz puissent estre ouys en presence dudit Villiers lhors qu’on le fera respondre. >Jur. Pen A2, f. 87 (15 avril 1560) : Jehan Morelli dit Seigneur de Villiers. Detenu pour avoir accusé à tort les ministres de ceste cité et notamment le ministre de Besze d’avoir consenti en l’entreprinse de France, ce qui n’est vray comme bien a esté veriffié et comme amplement est contenu en son proces et confessions. A esté sur ce arresté suivant l’advis que l’on a heu, qu’il doibge confesser sa faulte d’avoir à tort et mal dit desdits spectables ministres et de promettre qu’à l’advenir il ne tiendra aucuns semblables propos. Et baillera caution de cinq cens escus (WOW !!!) qu’il n’y contreviendra aucunement à l’advenir. Ce que luy ayant esté pronuncé à la forme de l’ordonnance et sentence cousue ( ?) en son proces, a dit qu’il n’avoit jamais entendu de detracter des ministres et apres a crié mercy à Dieu et à Messieurs. François Bordon Detenu pour avoir augmenté et dit davantage qu’il n’avoit entendududit Villiers et comme est contenu en ses confessions et proces. Et a esté arresté qu’il doibge crier mercy à Dieu et à Messieurs et se submettre à peine de corps et biens de se representer tantesfois et quantes sera requis et de ne lever jamais semblables propos. Et soit privé du Conseil des Deux Cens pour ceste annee. À laquelle ordonnance il a satisfait et c’est submis et a promis. >Jur. Pen. A2, f. 88 (15 avril 1560) : Jehan Morelli. Ledit jour, apres disner en presence de Noble Pierre Migerand, seigneur scindique. Leit noble Jehan Morelli suivant l’arrest d’aujourdhuy a promis se representer soubz l’obligation de son corps et biens et de faire et entierement observer le contenu en l’ordonnance aujourdhuy donee à poine de cinq cens escus. Et pour plus grande assurance a sa requeste se sont constitués ses fiances chacun principal et pour le tout Mademoiselle Magdaleine Braillon, sa femme, de l’authorité toutesfois et consentement dudit Morelli, et Olivier Le Villain, bourgeois. Lesquelz ont promis comme ledit principal a sus promis et juré. Renunçant mesmes, lesdites fiances, au droit disant le principal debvoir estre plustost convenu[ ?] que la fiance. Et tous ensemble en disant la generale renunciation n’en valoir si la speciale[ ?] ne precede[ ?]. Avec toutes aultres clausules necessaires et opportunes, fait et pronuncé en la sale du Conseil, presents honorable François Malva et Gonin Ballon, citoyens, tesmoings.